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Vieillissement ou retouche ? Problèmes et avantages de la patine artificielle dans les intérieurs historiques

Le bureau de l’Association des Résidences Royales Européennes (2017) a suggéré une série de réunions techniques sur les aspects et les problèmes de la restauration, de la conservation, de la présentation et de la transmission des intérieurs historiques. Après des rencontres fructueuses sur des thèmes tels que les conséquences de temps qui passe, l’éclairage, le travail avec des salles vides, etc., la Fondation des palais et jardins prussiens Berlin-Brandebourg en offrira une autre sur les aspects de la patine artificielle.

Pour les intérieurs des palais, il est important d’unifier une large variété de matériaux qui, pour la plupart, sont traités par des techniques différentes. C’est un problème ancien et bien connu que tous ces matériaux vieillissent de différentes manières, et que les traitements techniques antérieurs ont un impact sur la façon dont les structures et les surfaces évoluent. Alors que les matières organiques changent généralement davantage, les matériaux inorganiques conservent plus longtemps leur forme, leur couleur et leur effet. Il existe une grande différence entre un panneau de bois naturel ou d’autres traités avec de l’huile, du vernis, de la peinture ou de l’or.

Avec des méthodes de conservation préventive, les responsables essaient de réguler ces influences qui perturbent le processus de vieillissement naturel et créent des dommages. Malgré ces techniques, certains éléments d’intérieurs historiques peuvent atteindre un tel état de vieillissement ou de défaut qu’il est alors nécessaire d’envisager leur restauration, rénovation et même leur remplacement par des copies. Cela conduit souvent au problème clé de la préservation, à savoir la relation entre « l’honnêteté » du matériau, la visibilité des altérations et le rendu général. Les éléments d’une pièce peuvent être considérés comme un ensemble, formant un intérieur unique, tout comme ils peuvent être vus comme des objets uniques qui interagissent entre eux. Quelle est donc la relation entre une peinture âgée et son nouveau cadre doré, et comment ces derniers interagissent-ils avec ceux restés intacts? Quel est le message que renvoie une chaise recouverte de sa soie d’origine devant un revêtement mural remplacé ou vice versa? Le nouvel ajout fait-il paraître l’œuvre d’art authentique élimé et sale? Devons-nous, par conséquent, atténuer cet effet ? Le contraste entre « âgé » et « neuf » peut-il être utile d’un point de vue pédagogique ? ou le but est-il de créer une impression d’équilibre ?

Alors que les décorateurs d’intérieur, les marchands d’art ou les scénographes ont l’habitude de travailler, plus ou moins consciemment, avec la patine artificielle pour obtenir des effets ou des retouches parfaites, l’utilisation des techniques de patinage reste encore rare dans les palais. De nombreuses questions sont liées à ce sujet: Où s’arrête la patine et commence la poussière? Quel pourrait être le but de la patine artificielle? Quelles techniques connaissons-nous, et pour quels matériaux? Quelle est la différence de vieillissement entre les surfaces patinées et intouchées, et quels sont les risques? Existe-t-il des exemples historiques de vieillissement artificiel et comment cela pourrait-il être pertinent pour nous?